Introduction : L’aube d’une nouvelle ère
Si vous pensiez que les années précédentes étaient riches en émotions, préparez-vous. L’année 2026 ne sera pas une simple suite logique de 2025 ; elle s’annonce comme un véritable point d’inflexion dans l’histoire de l’humanité hors de son berceau terrestre. L’actualité spatiale n’a jamais été aussi dense, aussi prometteuse, et, disons-le, aussi vertigineuse.
Nous sommes à un carrefour. D’un côté, les agences institutionnelles comme la NASA, l’ESA (Agence Spatiale Européenne) et la CNSA (Chine) concrétisent des programmes lancés il y a plus d’une décennie. De l’autre, le secteur privé, emmené par des géants comme SpaceX, atteint une maturité industrielle qui permet d’envisager des missions que l’on croyait réservées à la science-fiction.
Pourquoi 2026 est-elle si spéciale ? Parce que c’est l’année de la synchronisation. Les orbites planétaires s’alignent pour Mars, les technologies lunaires sont prêtes pour l’humain, et nos yeux technologiques vont s’ouvrir plus grand que jamais sur les exoplanètes. Dans cet article dossier, nous allons décortiquer, mission par mission, enjeu par enjeu, ce que cette année nous réserve. Installez-vous confortablement, nous décollons pour un tour d’horizon complet de l’actualité spatiale de 2026.
Chapitre 1 : Le retour de l’humain autour de la Lune
C’est le cœur battant de l’actualité spatiale de cette année. Pour la première fois depuis la fin du programme Apollo en 1972, des êtres humains vont s’aventurer au-delà de l’orbite terrestre basse pour aller frôler notre satellite naturel.
Artemis II : l’odyssée de la génération Artemis
La mission Artemis II est sans conteste l’événement le plus attendu. Si Artemis I (2022) a prouvé que la fusée SLS (Space Launch System) et la capsule Orion pouvaient faire le voyage à vide, Artemis II ajoute l’élément le plus critique de l’équation : l’équipage.
Prévue pour décoller du Centre Spatial Kennedy en Floride, cette mission ne se posera pas encore sur la Lune (ce sera le rôle d’Artemis III, dont la préparation s’accélère également en 2026), mais elle effectuera un survol lunaire. La capsule Orion utilisera la gravité lunaire pour se propulser vers une orbite de retour libre, emmenant les quatre astronautes plus loin dans l’espace que n’importe quel humain avant eux.
L’équipage, composé de Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch (NASA) et Jeremy Hansen (Agence Spatiale Canadienne), testera les systèmes de survie, les commandes manuelles et les communications dans l’espace profond.
Le saviez-vous ? La trajectoire d’Artemis II est une « boucle de retour libre ». Cela signifie que si le moteur principal tombe en panne après l’injection trans-lunaire, la gravité de la Lune renverra naturellement le vaisseau vers la Terre sans propulsion supplémentaire. Une sécurité vitale pour ce premier vol habité.
La Chine en embuscade : Chang’e 7
Pendant que les Américains et leurs partenaires visent l’orbite, la Chine continue son programme robotique méthodique et impressionnant. L’actualité spatiale de 2026 sera marquée par le lancement de Chang’e 7.
Contrairement aux missions précédentes, Chang’e 7 est une mission « couteau suisse ». Elle vise le pôle Sud lunaire, une région stratégique car on y soupçonne la présence de glace d’eau dans les cratères ombragés en permanence. La mission comprend :
- Un orbiteur.
- Un atterrisseur.
- Un rover.
- Et potentiellement une sonde volante (un « hopper ») capable de sauter dans les cratères pour analyser l’eau in situ.
Cette mission est un précurseur direct de la future station de recherche lunaire internationale (ILRS) que la Chine compte bâtir dans les années 2030. La concurrence pour les ressources du pôle Sud lunaire devient donc une réalité tangible en 2026.
Pour aller plus loin :
- Détails de la mission Artemis sur le site de la NASA
- Le programme d’exploration lunaire chinois (CNSA)
Chapitre 2 : Mars 2026, la fenêtre de tir décisive
En astronomie, tout est question de timing. La Terre et Mars fonctionnent comme deux voitures sur un circuit circulaire, la Terre étant à la corde intérieure, plus rapide. Tous les 26 mois environ, la Terre « double » Mars, créant un alignement optimal qui permet de voyager vers la Planète Rouge avec un minimum de carburant. Cet alignement, appelé « opposition », se produit fin 2026, ouvrant la voie aux missions les plus ambitieuses de la décennie.
MMX : le Japon à la conquête des lunes martiennes
Alors que les regards se tournent souvent vers la surface rouge, c’est autour de Mars que l’événement scientifique de l’année se jouera. L’agence spatiale japonaise (JAXA) prévoit de lancer sa mission phare MMX (Martian Moons eXploration) durant cette fenêtre de tir de 2026.
L’objectif de MMX est audacieux : se mettre en orbite autour de Mars, puis se poser sur Phobos, l’une des deux lunes martiennes, pour en collecter des échantillons et les ramener sur Terre. C’est une mission cruciale pour l’actualité spatiale car elle pourrait résoudre une énigme vieille d’un siècle : Phobos et Deimos sont-elles des astéroïdes capturés par la gravité de Mars, ou des débris d’un impact géant ayant frappé la planète rouge ?
Une touche française sur Mars : Pour nous, francophones, cette mission a une saveur particulière. MMX embarquera le rover IDEFIX, développé conjointement par le CNES (France) et le DLR (Allemagne). Ce petit explorateur roulera sur la surface de Phobos, un monde à la gravité si faible qu’un saut trop vigoureux pourrait l’envoyer dans l’espace ! C’est une première technologique absolue prévue pour cette fenêtre de 2026.
Mars Sample Return : l’heure de vérité
Du côté de la NASA et de l’ESA, 2026 ne verra pas de lancement vers Mars, mais sera l’année critique pour la survie du programme Mars Sample Return (MSR). Ce programme, qui vise à ramener les échantillons collectés par le rover Perseverance, traverse une zone de turbulence budgétaire et technique. L’année 2026 sera celle de la validation de la nouvelle architecture de mission, simplifiée pour réduire les coûts et les délais.
L’urgence est réelle : la Chine développe en parallèle sa mission Tianwen-3, qui vise également le retour d’échantillons martiens avec un calendrier agressif (lancement possible vers 2028-2030). L’année 2026 sera donc le théâtre d’une course contre la montre dans les bureaux d’ingénierie pour finaliser les plans avant la prochaine fenêtre de tir.
Ressources externes :
Chapitre 3 : Les yeux de l’Europe et de la Chine tournés vers l’univers
Si la Lune et Mars occupent le devant de la scène médiatique, la science fondamentale n’est pas en reste. L’année 2026 verra le lancement de télescopes spatiaux qui vont révolutionner notre compréhension du cosmos.
PLATO : le chasseur de Terres
L’Agence Spatiale Européenne (ESA) s’apprête à lancer PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars) fin 2026. Contrairement au télescope James Webb qui observe des cibles précises, PLATO est un géomètre de l’espace.
Sa mission ? Observer des centaines de milliers d’étoiles simultanément pour détecter de minuscules baisses de luminosité. Ces baisses trahissent le passage d’une planète devant son étoile (la méthode du transit). La grande nouveauté de PLATO, c’est sa capacité à détecter des exoplanètes habitables autour d’étoiles similaires à notre Soleil. Jusqu’à présent, nous avons surtout trouvé des planètes autour d’étoiles naines rouges (plus petites et froides). PLATO cherche la véritable « Terre 2.0 ». C’est un jalon majeur de l’actualité spatiale scientifique de la décennie.
Xuntian : le « Hubble » chinois
La Chine prévoit également de lancer son télescope spatial de classe majeure, le Xuntian (« Arpenteur des cieux »), fin 2026. Ses caractéristiques sont étonnantes :
- Il possède un miroir principal de 2 mètres de diamètre (proche de celui de Hubble).
- Mais son champ de vision est 300 fois plus grand que celui de Hubble.
Cela signifie qu’il peut cartographier le ciel avec une résolution extrême beaucoup plus rapidement. Autre particularité unique : il volera sur la même orbite que la station spatiale chinoise (Tiangong). En cas de panne ou pour une mise à jour, il pourra s’amarrer à la station pour être réparé par les taïkonautes, une capacité que Hubble n’a plus depuis l’arrêt des navettes américaines.
Chapitre 4 : Le spectacle céleste et l’essor indien
Enfin, l’année 2026 ne se résume pas aux lancements. Le ciel lui-même nous offrira des spectacles grandioses, et de nouvelles nations s’affirmeront.
Les grandes éclipses de 2026
Les amateurs d’astronomie ont déjà coché la date du 12 août 2026. Ce jour-là, une éclipse solaire totale traversera l’hémisphère nord.
- Le parcours : Elle débutera dans l’Arctique russe, frôlera le Groenland, traversera l’ouest de l’Islande, et finira sa course de manière spectaculaire en Espagne (traversant le nord du pays jusqu’aux Baléares juste avant le coucher du soleil).
- Pourquoi c’est immanquable : C’est la première éclipse totale visible en Europe continentale depuis 1999.
Une autre éclipse, annulaire cette fois, aura lieu en février 2026, visible principalement en Antarctique.
L’Inde (ISRO) : le vol habité en ligne de mire
L’Organisation de recherche spatiale indienne (ISRO) continue sa montée en puissance fulgurante. Après le succès historique de Chandrayaan-3 au pôle Sud lunaire, 2026 devrait être l’année de la concrétisation pour le programme Gaganyaan. Ce programme vise à envoyer des astronautes indiens (les « Gaganautes ») en orbite de manière autonome. Des vols d’essai non habités sont prévus tout au long de l’année pour qualifier la capsule et les systèmes de survie. Si tout se passe parfaitement, l’Inde pourrait devenir la quatrième nation (après l’URSS/Russie, les USA et la Chine) à envoyer des humains dans l’espace par ses propres moyens, marquant durablement l’actualité spatiale.
Conclusion : Une année pour l’histoire
En résumé, 2026 n’est pas une année de transition, c’est une année de concrétisation.
- Nous verrons des humains s’éloigner de la Terre comme jamais depuis 50 ans avec Artemis II.
- Nous verrons peut-être les premiers vaisseaux géants se poser sur Mars.
- Nous ouvrirons un nouvel œil sur les mondes habitables avec PLATO.
- Et nous serons émerveillés par l’ombre de la Lune sur l’Europe en août.
L’actualité spatiale de 2026 prouve que l’exploration n’est plus le monopole d’une seule nation ou d’une seule agence, mais un effort global, compétitif et collaboratif à la fois. Restez connectés, car chaque semaine de cette année promet son lot de surprises.
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